Des champions que vous ne connaissiez pas

Bruxelles regorge d’entreprises performantes, trop souvent méconnues. Nous avons organisé une rencontre avec quatre jeunes sociétés bruxelloises (qui ont été créées ou ont changé de mains depuis moins de dix ans). Elles ont évoqué les raisons de leur succès ainsi que les défis qui les attendent.

Ce sont quatre entreprises fort différentes qui ont répondu à l’invitation de BECI ; quatre entreprises qui, chacune, représentent un aspect de notre paysage économique : trois sociétés de services, Acofisco Group, Semetis et Huxley Belgium (une marque du groupe international S3), ainsi qu’une société B2C active dans la distribution bio, Sequoia. Toutes figurent dans notre « Top 50 » des entreprises bruxelloises de moins de 10 ans. Autant de success stories qui racontent leur réussite propre, mais qui révèlent aussi des similitudes.

Anticiper les changements

La table ronde est tout de suite entrée dans le vif du sujet en abordant les clés de la réussite. C’est Nicolas Debray, cofondateur de Semetis qui ouvre le bal : « Nous avons eu la chance d’évoluer dans un secteur en croissance qu’est l’internet. Une croissance soutenue par des acteurs tels que Google ou Facebook mais également par le développement des smartphones et des infrastructures avec la 3G puis la 4G. Nous bénéficions également à Bruxelles d’universités et de hautes écoles qui nous ont permis de recruter les bons profils et de les former. » Donald Draguez du Hault, Managing Partner d’Acofisco Group poursuit la réflexion : « C’est la capacité à rebondir sur notre marché qui explique notre progression. Ce n’est un secret pour personne, les métiers de comptable et de fiscaliste connaissent une véritable révolution avec la dématérialisation et de la digitalisation. Il faut l’accepter. Afin de nous différencier, nous avons décidé d’offrir davantage de services et d’accompagnement à nos clients. »

Dans un marché en perpétuelle mutation, le recrutement n’échappe pas au changement, comme le confirme Benoît Carlier, Country Manager Huxley Belgium. Il explique que la filiale belge du groupe S3 « a opté pour un positionnement local et mis l’accent sur la spécialisation en étant davantage présent sur des réseaux d’experts, notamment en informatique, plutôt que de privilégier la masse. Je suis également persuadé que le monde du recrutement aura complètement changé dans dix ans. Déjà aujourd’hui, on constate que les gens ne postulent plus comme ils postulaient il y a cinq ans. »

En ce qui concerne Sequoia, la situation est quelque peu différente des trois sociétés de services, qui sont confrontées peu ou prou au défi de la numérisation. Corinne Dumont, CEO, s’inscrit davantage dans une passion, une conviction et une vision qui la guide avec ses associés dans l’évolution de son entreprise. « Sequoia était précurseur à Uccle. Aujourd’hui, nous avons plein de concurrents et sommes donc obligés de nous réinventer constamment. Ce qui fait le succès, c’est la capacité de lever des fonds et de bien s’entourer avec des compétences complémentaires. Nous ne sommes pas dans une entreprise digitale mais une société à capital humain. »

Soyez créatifs

Au terme de ce premier tour de table, le terme qui revient est « entreprendre » auquel Donald Draguez du Hault ajoute « la créativité au sens large ». Pour changer, il faut être créatif, innovant et adaptable. Benoît Carlier abonde en indiquant que dans son métier, le recrutement, « il faut également se réinventer. Nous sommes en permanence dans la remise en question : ‘que peut-on faire pour changer et améliorer les choses dans l’entreprise’. Nous avons la chance de bénéficier au sein du groupe d’une marge de manœuvre et de gens ouverts d’esprit. »

Dans la foulée, les participants ont souligné que le recrutement est indissociable de la culture d’entreprise. « Il faut investir dans le capital humain, voir les compétences mais également travailler sur l’intelligence collective », intervient M. Draguez du Hault. « Il faut accepter que les employés aient davantage de libertés et donc de responsabilités. » Un avis partagé par Corinne Dumont, qui a observé que les collaborateurs ont envie d’être plus autonomes et que l’on peut mettre en place l’intelligence collective dans une entreprise, « mais c’est un défi quotidien ».

Au final, l’implication et l’adhésion de la personne aux valeurs et à la culture d’entreprise importent plus encore qu’un CV idéal pour la fonction recherchée. D’autant qu’avec l’évolution constante des métiers, il faut sans cesse que les collaborateurs se forment et s’adaptent. Si les entrepreneurs évoquent la question cruciale du recrutement, surtout pour des entreprises en croissance, elles sont beaucoup moins préoccupées par la question du financement. Il est vrai qu’à l’exception de Sequoia, ce sont des entreprises de services moins gourmandes en capital. Mais même pour Corinne Dumont, « l’argent n’est pas vraiment un problème, il est là ». Encore faut-il convaincre les investisseurs avec un bon projet.

Bruxelles : un plus pour l’entreprise…

Après une première implantation aux Pays-Bas, Huxley a choisi Bruxelles pour poursuivre son développement continental. Ce qui a motivé cette décision est le fait que Bruxelles et sa périphérie accueillent de nombreuses grandes entreprises. Pour Acofisco, qui se positionne à l’international avec PrimeGlobal, Bruxelles est avant tout une image de marque beaucoup plus forte que celle de la Belgique. « Quand on dit que l’on est installé en Belgique, on tombe rapidement dans un clivage linguistique ; en revanche, quand vous dites à vos interlocuteurs étrangers que vous venez de Bruxelles, ils situent tout de suite la capitale de l’Europe ». Gabriel Goldberg prolonge la réflexion en confirmant, pour sa part, que le choix de Bruxelles pour Semetis s’explique également par la présence de ses clients grands comptes.

 

Mais tous nos intervenants se rejoignent sur la problématique de la mobilité, confirmant nos différentes enquêtes à ce sujet. La dernière en date indique la mobilité comme première priorité assignée au gouvernement bruxellois, avec un score de 68 %. Tous déplorent le manque de communication, de cohérence et de vision des différentes autorités sur la mobilité. Mais dans le même temps, ils sont tous d’accord sur le fait qu’il faut changer de mentalité et s’adapter, notamment en utilisant les transports en commun quand c’est possible. De même, ils pointent l’utilisation des nouvelles technologies qui peuvent, dans certains cas, pallier les difficultés à se mouvoir dans Bruxelles. Comme l’explique Benoît Carlier : « Dans le monde du recrutement, il nous arrive fréquemment de réaliser nos entretiens avec des candidats internationaux par vidéo-conférences, quand on ne peut pas les rencontrer au niveau local. Ce n’est pas la même chose qu’en face à face ; le côté humain reste le plus important. Mais c’est mieux qu’un appel téléphonique et, au final, tout le monde gagne du temps. »

 

Pour Sequoia, l’implantation à Bruxelles est historique et correspond au profil de sa clientèle. « Bruxelles a un certain pouvoir socio-économique », intervient Corinne Dumont. « Nous nous adressons quand même dans le bio à des gens qui ont un certain pouvoir d’achat et/ou un certain niveau d’éducation. Je ne dis pas que c’est spécifique à Bruxelles mais il se fait aussi que mes associés et moi sommes Bruxellois et que c’est un marché que nous connaissons bien. Nous irions nous installer à Liège où nous ne connaissons personne, ce serait moins naturel. Pour des raisons de logistique, nos six points de vente sont concentrés à Bruxelles et dans sa périphérie. » Elle déplore également le manque de connaissance entrepreneuriale de nombre de politiques ainsi que tous les coûts induits (charges sociales, impôts, taxes, …) qui handicapent les entreprises.

Dimension internationale

Dans la foulée, la question de la dimension internationale a également été abordée. Notamment avec Semetis qui est présente sur le marché belge mais également, de plus en plus, sur le marché français. « Nous sommes une entreprise de services et donc de proximité », répond Gabriel Goldberg. « Nous avons rejoint un groupe international et cette expansion, en ce qui nous concerne, a été opportuniste. Lorsque la question s’est posée d’aller à Amsterdam ou Paris, nous avons choisi cette dernière pour la proximité, la langue et les mentalités. Nous ne gagnerons jamais sur le volume, nous essayons de gagner sur la qualité et l’innovation. C’est de cette manière que nous nous positionnons au sein du groupe. Ainsi, nous sommes amenés à participer à des projets internationaux qui dépassent le cadre de la Belgique et de de la France. »

Même son de cloche du côté de Huxley : « Nous sommes présents dans une trentaine de pays. Nous avons des clients qui recherchent des profils que nous n’avons pas nécessairement en Belgique et que l’on va dénicher à l’étranger. » Ainsi que chez Acofisco, « Le fait d’être à Bruxelles nous confère une dimension internationale. Par ailleurs, notre taille nous permet de répondre à des clients internationaux plus facilement qu’une fiduciaire qui ne compte que 3 ou 4 collaborateurs. Maintenant, nous sommes encore loin des Pays-Bas, où les fiduciaires comptent en moyenne 150 collaborateurs. »

En ce qui concerne l’international, Sequoia, avec ses enseignes de proximité, est de prime abord moins concernée. « Quoique », tempère Corinne Dumont, « avec la digitalisation et l’e-commerce, il y a des opportunités puisque nous avons, via notre e-shop qui est encore embryonnaire, des clients français et luxembourgeois qui achètent. Donc, on peut imaginer développer ce canal. S’il y a une internationalisation, elle viendra du digital. Pour l’anecdote, nous avons eu des contacts avec des Chinois qui souhaitaient proposer nos produits via une plateforme web. Cela n’a pas abouti jusqu’à présent mais du coup, nous avons déposé notre marque en Chine. »

Cette table ronde qui a commencé à Bruxelles et qui finit en Chine avec la plus « casanière » des championnes bruxelloises prouve à suffisance que nos entreprises ont toutes une dimension internationale qui ne demande qu’à être exploitée. D’autant qu’elles bénéficient, on ne le répétera jamais assez, de la « marque Bruxelles » qui est un véritable atout non seulement pour démarcher les clients mais également attirer les compétences indispensables à leur croissance.

Cet article est paru dans le magazine de la BECI de janvier 2017. Cliquez ici pour consulter l'article original.

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